Les effets de la consommation abusive d’alcool sur la santé mentale

Les effets de la consommation abusive d’alcool sur la santé mentaleLa consommation abusive d’alcool peut provoquer de nombreux désordres psychiatriques.

Des études démontrent que les alcooliques présentent davantage de troubles mentaux que les non-alcooliques. On parle alors de comorbidité psychiatrique lorsque, chez un même individu, on observe un mode inadapté de consommation d’alcool en combinaison avec des troubles mentaux ou psychiatriques qui ne sont pas directement causés par une intoxication aiguë, ni dus au sevrage.

On observe trois grands types de troubles psychiatriques, surreprésentés chez les alcooliques.

  • Trouble de la personnalité

On observe tous les types de troubles de la personnalité chez les individus qui ont un problème de consommation. Par exemple, la prévalence d’avoir une personnalité antisociale est 10 fois supérieure chez les alcooliques que celle que l’on observe dans la population en général. On observe aussi, notamment chez les femmes, une forte association entre l’alcoolisme et tous les types de troubles alimentaires.

  • Troubles anxieux et de l'humeur

On retrouve sous cette rubrique le trouble bipolaire et la dépression, celle-ci de manière très fréquente. Ce trouble doit être pris au sérieux, car il y a de 8 à 10 fois plus de suicides , une de ses conséquences , chez les alcooliques que dans la population en général. Les alcooliques souffrent peu de troubles anxieux , tels le trouble panique et la phobie sociale -, mais tout de même plus que la population en général.

  • La schizophrénie

Bien que n’ayant pas de lien avec l’intoxication ou le sevrage, ce trouble grave est davantage observé chez les alcooliques que dans la population en général. La majorité des troubles psychotiques sont de nature toxique et ont été décrits précédemment dans la section Effets sur le système nerveux.


Les intoxications à l’alcool engendrent des problèmes sociaux ayant de graves conséquences socio-médicales trop souvent mésestimées. L’alcool ingéré en trop grande quantité produit des perturbations au cerveau, au système nerveux central et au système hormonal, ce qui provoque en retour un impact sur les processus cognitif et physiologique. Par conséquent, si la mortalité des alcooliques est plus élevée, ce n’est pas seulement parce que l’ivresse présente une pathologie particulière, mais aussi parce qu’elle amplifie le risque habituel associé au suicide, aux homicides et aux lésions accidentelles résultant de problèmes sociaux tels les accidents de la route et la violence.

  • Accidents de la route

En 2016, 3 477 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route en France métropolitaine. Avec 16 décès de plus qu'en 2015, soit .... décédés dans un accident de la route. Ainsi, l'ONISR observe une augmentation des accidents mortels de cyclistes et de piétons ayant consommé de l'alcool.

  • Violence

S’il est faux de croire que l’alcool rend nécessairement violent, il n’en demeure pas moins que, dans notre société, les intoxications à l’alcool ont un impact direct sur la violence et, bien entendu, sur les blessures qui s’ensuivent. Puisqu’une des manifestations neurologiques de la consommation est la perte d’inhibition, l’alcool est un facteur déterminant des comportements instinctifs telles la violence sexuelle et la violence physique associées à cette perte d’inhibition.

Les victimes sont, elles aussi, souvent intoxiquées lors d’épisodes de violence, ce qui les rend plus vulnérables aux agressions ou ce qui les incite à provoquer leur agresseur.

  • Violence conjugale

La consommation abusive d’alcool faite par l’un des conjoints favorise l’éclatement de conflits pouvant aller jusqu’à la violence physique. Le risque de violence conjugale augmente avec la fréquence d’intoxication. Au Canada, 41 % des victimes féminines et 25 % des victimes masculines estiment que leur conjoint était sous l’influence de l’alcool lors d’épisodes violents. Selon Statistique Canada, 26 % des hommes qui ont tué leur conjointe et 55 % des femmes qui ont tué leur conjoint étaient intoxiqués au moment du meurtre.

Au-delà des sévices physiques pouvant résulter de la violence conjugale, des études démontrent que les conjoints des alcooliques souffrent davantage d’anxiété, d’insomnie, de tension et de dépression.

  • Sexualité

Les intoxications à l’alcool, surtout chez les jeunes , sont liées aux relations sexuelles non protégées et, par conséquent, augmentent les risques de contracter une maladie transmise sexuellement (MTS) ou de provoquer une grossesse non planifiée.

  • Alcool et fœtus

Les femmes enceintes qui s’intoxiquent à l’alcool s’exposent à donner naissance à des enfants atteints du syndrome d’alcoolisme foetal (SAF), soit un ensemble de problèmes pouvant inclure un retard de croissance, un déficit intellectuel, des malformations cardiaques, une tête anormalement petite ainsi que d’autres anomalies faciales et squelettiques.

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