Alcool au volant : comment notre vue est altérée

Alcool au volant : comment notre vue est altérée L'alcool affecte la vitesse de transmission des informations nerveuses dans le cerveau et, par conséquent, trouble la vision.

L'alcool est la première cause de mortalité sur les routes. Il est responsable d'un accident mortel sur trois. Baisse de la vigilance et de l'attention, diminution des réflexes, allongement du temps de réaction, somnolence, levée des inhibitions, prise de risque…les effets de cette substance psychoactive sur l'organisme sont nombreux et commencent à apparaître dès le premier verre. Outre les changements d'humeur et la modification du psychisme, l'alcool perturbe la communication entre les cellules nerveuses. Il réduit la concentration, la mémoire, l'ouïe et la vision. Les informations circulent plus lentement dans le système nerveux et en particulier au niveau de l'œil.

Ce qui a pour conséquence de troubler la vue.

L'alcool altère la vision latérale: c'est «l'effet tunnel»

Tout d'abord, les yeux s'avèrent plus sensibles à l'éblouissement. En effet, les muscles qui contrôlent l'ouverture et la fermeture de la pupille en fonction de la luminosité fonctionnent au ralenti sous l'effet de l'alcool. Le temps de récupération après l'éblouissement augmente et on reste aveuglé plus longtemps. Résultat: le conducteur est plus facilement ébloui la nuit, par les phares des voitures entre autres. Un effet qui est aggravé par la fatigue et l'inconfort ressenti au niveau des yeux survenant parfois après quelques verres. C'est le phénomène des yeux rouges, dû aux vaisseaux sanguins qui se sont dilatés sous l'effet de l'alcool, entraînant picotements et démangeaisons.

Autre effet de la prise d'alcool, le rétrécissement du champ visuel. Boire altère la vision latérale. C'est «l'effet tunnel»: les zones périphériques ne sont plus perçues correctement et la vision se restreint au centre. Ainsi, si un piéton traverse ou qu'un véhicule surgit surle côté, le conducteur les verra plus tard qu'en temps normal. Les muscles oculomoteurs, qui contrôlent le mouvement de l'œil dans son orbite, sont eux aussi moins performants et le regard, moins mobile, a tendance à se fixer.

Temps de réaction multiplié par 2

De même, l'évaluation des distances est perturbée. Impliquée dans l'évaluation des longueurs, de la largeur et de la profondeur,la vision binoculaire est transformée lorsque l'on a bu. Le conducteur peut alors freiner trop tôt ou trop tardivement, ou bien s'engager dans un passage trop étroit pour son véhicule. Ces troubles visuels s'ajoutent ainsi à l'allongement du temps de réaction, qui est multiplié par deux lorsqu'une personne est sous l'emprise de l'alcool.

Plus rarement, enfin, la consommation importante d'alcool peut provoquer la survenue d'hallucinations visuelles ou d'erreurs d'interprétation. A un fort taux d'alcoolémie, la vision peut aussi se dédoubler et devenir trouble. Au total, celui ou celle qui a bu est un peu dans le brouillard. Le système nerveux fonctionne de fait au ralenti et la rétine n'envoie plus assez d'informations pour permettre au cerveau de percevoir une image nette.

La vision d'une personne alcoolisée est parfois comparée à celle de quelqu'un n'ayant pas de problèmes de vue et qui mettrait sur son nez une paire de lunettes à forte correction. Pour provoquer une prise de conscience sur les dangers de l'alcool au volant, quelques sociétés ont imaginé la production de lunettes de simulation des états alcooliques au volant, de jour comme de nuit, mais aussi de ceux générés par la prise de drogue.

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