Tabou de l’alcool : les associations saluent le discours sans ambiguïté de la ministre de la Santé Agnès Buzyn

Tabou de l’alcool : les associations saluent le discours sans ambiguïté de la ministre de la Santé Agnès BuzynSuite au débat organisé mercredi soir sur France 2 « Alcool, un tabou français ? », 21 associations et experts de santé publique tiennent à saluer le discours très ferme de la ministre de la Santé Agnès Buzyn qui vient confirmer son engagement en faveur de la santé publique. Un positionnement sans ambiguïté d’autant plus important dans une période où les producteurs, notamment de vin, se félicitent de trouver une oreille attentive à l’Elysée.Les propos de la ministre, tenus lors du débat télévisé organisé sur le tabou de l’alcool le 7 février,

 sont en droite ligne avec les positions des associations intervenant dans le champ de l’addictologie, qui réclament une information objective des Français sur les risques liés à la consommation d’alcool.

Agnès Buzyn a ainsi critiqué le « double discours » entre « un discours sanitaire qui est que l'alcool est mauvais pour la santé et un discours culturel qui en fait une spécificité française, le bon vin ». S’appuyant sur les données scientifiques, validées par les autorités sanitaires nationales et internationales, la ministre a ainsi affirmé que « le vrai message de santé publique est : l'alcool est mauvais pour la santé ». La notion de « modération » est donc « un mauvais mot » dans la mesure où les risques sont « proportionnels à la quantité bue : plus on boit, plus c'est mauvais ».

Reconnaissant que la consommation d’alcool peut être un plaisir qu’on l’on ne saurait interdire, Agnès Buzyn a affirmé que l’enjeu était « une information claire et que chacun fasse ses choix pour sa santé. » Elle a ainsi dénoncé la stratégie des producteurs de vin visant à faire croire – malheureusement non sans un certain succès – que le vin n’était pas un alcool comme les autres et qu’il « apporterait des bienfaits, ce que ne font pas les autres alcools ». Or « c'est faux, scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre ». Cela interroge alors que filière viticole a obtenu de l’Elysée un rôle en matière de prévention. Or comme l’indique la ministre il n’est pas certain que l’on « aura exactement les mêmes messages de prévention, parce qu'aujourd'hui, l'industrie du vin laisse à croire que le vin est un alcool différent des autres alcools ».

De même, la ministre a pointé l’ambivalence entre le discours et les actes des producteurs d’alcool qui, tout en se revendiquant acteurs de prévention, sont frontalement opposés à une meilleure visibilité du pictogramme Femmes enceintes devant être présent sur chaque bouteille. Rappelons que, outre ce pictogramme, les producteurs s’opposent aussi à l’extension aux boissons alcoolisées des obligations en matière d’étiquetage sur les contenants afin d’apporter des informations relatives à la composition et à l’apport nutritionnel des boissons alcoolisées.

Enfin, le débat, en donnant la parole à des « malades de l’alcool » (comme elles se sont elles-mêmes présentées), a permis aussi de mettre en avant le rôle essentiel des addictologues et des associations pour aider les personnes à surmonter leur addiction.

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