Alcoolisme:les proches sont aussi touchés

L'alcoolisme est une maladie dont la souffrance est contagieuse au sein de l'entourage. Que l'on soit partenaire, enfant, parent, ami-e, collègue de travail ou voisin-e d'une personne dépendante de l'alcool, chacune et chacun peut être, à des degrés différents, concerné-e par ce problème. Les personnes qui vivent dans l'entourage très proche d'une personne dépendante de l'alcool sont particulièrement affectées par le problème. Leur vie quotidienne en est souvent bouleversée aussi bien d'un point de vue pratique et matériel qu'affectif et relationnel. La souffrance est même parfois si importante que l'entourage en devient malade à son tour.Pour les personnes qui sont moins proches, la situation peut aussi être difficile.

On hésite généralement à intervenir, on essaie de ne pas y penser, on se dit qu'il ne faut pas se mêler de la vie privée de l'autre. Pourtant, on ressent souvent un grand malaise, une interrogation toujours présente: faut-il faire quelque chose, et, si oui, que peut-on faire?

Et puis il y a le regard, souvent négatif, de la société vis-à-vis de la personne qui a un problème d'alcool, que l'entourage doit aussi affronter. Il n'y a pourtant pas de honte à avoir parmi ses proches une personne alcoolique. Des centaines de milliers de personnes en France ont dans leur entourage une personne qui souffre d'alcoolodépendance. Mais, même si beaucoup de personnes sont concernées par l'alcoolisme d'un proche, cela reste difficile d'en parler, d'oser dire combien cette situation est source de souffrance et à quel point on peut se sentir démuni face à ce problème.

Que vit l'entourage d'une personne dépendante de l'alcool?

L'impact de la maladie sur l'entourage varie selon le type de relation entretenue avec la personne consommatrice, selon le lien affectif et/ou la proximité géographique. Pourtant, quel que soit le rapport qu'entretiennent les proches avec la personne alcoolodépendante, tous sont confrontés à une même réalité: personne ne peut arrêter de boire à la place de l'autre. L’entourage se sent souvent impuissant à changer la situation et à comprendre ce qui se passe.

Tout le monde voit qu'il/elle est alcoolique, pourquoi mentil/ elle à propos de sa consommation?

Lorsque les proches essaient d'obtenir des aveux sur la consommation et qu’ils essaient de confronter la personne dépendante à sa maladie, il arrive souvent que celle-ci se réfugie dans la négation du problème. Le déni est un mécanisme de défense qui permet au malade alcoolique de ne pas voir qu'il est devenu dépendant de l'alcool. En fait c'est une manière de se cacher la réalité: mentir aux autres et se mentir à soi-même pour faire taire ce qui est insupportable et inacceptable. Le déni peut prendre différentes formes: la banalisation (je bois comme tout le monde…), le rejet de la responsabilité (je bois parce que j'ai perdu mon travail), les excuses (je bois parce qu'elle m'a quitté), l'agressivité (mêlez vous de ce qui vous regarde!), la minimisation (oui, j'ai bu, mais seulement deux verres!).

 

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