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L’entourage devrait dans l’idéal parler avec la personne en situation de rechute sans l’accuser ou lui imposer quoi que ce soit. Dans la réalité, cela n’est pas évident, ce d’autant plus que la personne en rechute est souvent dans une attitude de déni vis-à-vis de la situation. Il est important de rappeler à la personne concernée que la manière de gérer sa rechute relève de sa propre responsabilité. Les proches peuvent demander à la personne concernée comment elle évalue la situation et comment elle entend y faire face et peuvent lui faire des propositions («Que penses-tu de l’idée de…?»). Mais ils ne devraient pas décider à sa place ce qu’il convient de faire. Dans le cas d’une rechute, la colère et la déception sont des sentiments compréhensibles. Il n’en reste pas moins important que les proches veillent à eux-mêmes et à leur bien-être. Il ne faudrait pas que leur état dépende exclusivement de ce qui se passe pour la personne directement touchée. Parler avec des personnes de confiance peut apporter un soulagement et l’aide de professionnel-le-s (services spécialisés dans les problèmes d’alcool) ou de groupes d’entraide peut être très bénéfique.

En outre, les proches doivent veiller à ne pas s’empêtrer à nouveau dans les anciens comportements codépendants. Une aide spécifique par rapport à ces comportements peut être nécessaire auprès d’organismes spécialisés et de groupes d’entraide.

Comment prévenir la rechute?
Informations destinées aux personnes concernées

Connaître les situations et les conditions impliquant un risque de rechute est un outil précieux pour pouvoir y faire face. Voici un certain nombre de conseils permettant de limiter les risques de rechutes.

    • Ne pas rester seul-e. Associé à la volonté personnelle de la personne concernée, le soutien apporté par les proches, les spécialistes et les groupes d’entraide demeure essentiel. Etre entouré par des personnes sensibilisées au problème va renforcer la personne et réduira le risque de rechute.
    • Prendre soin de soi. Se sortir d’une dépendance à l’alcool représente un effort psychique et physique conséquent. Il est important d’avoir une bonne hygiène de vie: dormir suffisamment, s’accorder des moments de repos durant la journée, avoir une alimentation équilibrée, s’hydrater suffisamment (la sensation de soif peut donner envie de boire de l’alcool). Il est nécessaire aussi de prendre soin de son bien-être non seulement physique, mais encore psychique (éventuellement avec l’aide d’un-e spécialiste).
    • Mettre en place de nouvelles habitudes. Les anciennes habitudes en lien avec la consommation représentent un risque (p. ex. rencontrer des amis dans des lieux où l’on buvait de l’alcool, regarder une émission de télévision habituellement accompagnée de bière ou encore se retrouver dans l’endroit où l’on se retirait pour boire). Il est important de réorganiser sa vie quotidienne, de développer de nouveaux loisirs et intérêts ou d’en reprendre d’autres.
    • Donner une réponse à d’anciens problèmes. Il peut être nécessaire de comprendre ce qui a conduit à la maladie. Parmi les personnes qui deviennent dépendantes de l’alcool, beaucoup ont commencé à boire de l’alcool de manière problématique parce qu’elles étaient angoissées ou dépressives. Se donner les moyens de résoudre ou de diminuer ses fragilités avec l’aide de spécialistes est un plus.
    • Gérer les problèmes actuels. Différentes formes de stress et de problèmes peuvent augmenter le risque de rechute, notamment des problèmes financiers et administratifs, des tensions au sein de la famille ou des difficultés sur le lieu de travail. La résolution de ces problèmes – avec l’aide de tiers si nécessaire – contribue grandement à la prévention des rechutes.
    • Apprendre à ressentir et à gérer ses émotions. La peur, la colère, la tristesse et d’autres émotions peuvent favoriser les rechutes, l’alcool donnant l’illusion d’un soulagement rapide. Les émotions positives peuvent aussi comporter des risques, parce qu’elles donnent parfois l’illusion d’un sentiment d’invul-nérabilité, faisant croire que l’on réussira à contrôler sa consommation. Aussi bien l’aptitude à gérer ses émotions que la juste évaluation des risques pouvant être générés par celles-ci sont des conditions importantes d’une prévention efficace de la rechute.
    • Attention à ne pas surestimer ses propres forces! Certaines personnes s’exposent intentionnellement à des situations à risque (par exemple en se rendant dans leur lieu de consommation habituel), parce qu’elle veulent se prouver à elles-mêmes et prouver aux autres qu’elle maîtrisent la situation. Il faudrait éviter de «tenter le diable», encore plus lors de périodes de fragilité.
    • Rester en alerte. Les personnes qui se sont libérées d’une dépendance doivent rester prudentes. Le risque de rechute diminue avec le temps, mais il restera présent pendant des années. Les personnes qui l’ont vécu disent qu’elles doivent rester vigilantes tout au long de leur vie.
Préparer un plan au cas où…

Les personnes touchées devraient prévoir un plan pour savoir que faire au cas où elles ressentiraient un fort désir ou une pression à boire. Ce plan leur permettra de mieux résister à l’envie de consommer et/ou de demander de l’aide. Cela peut signifier s’adresser à des amis pour en parler, faire du sport, pratiquer un hobby, etc. Mais le désir de consommer peut quand même rester parfois très fort, nécessitant alors le soutien d’un-e spécialiste ou d’un groupe d’entraide. Réfléchir à l’avance à ce que l’on entend faire en cas de situation difficile facilite une réaction constructive. Lorsqu’on se trouve exposé au stress ou à la pression, on est en effet moins en mesure de réfléchir clairement à ce qu’il convient de faire.

Voir aussi les avantages d’un arrêt d’alcool!

Il ne faudrait pas voir que des difficultés sur le chemin permettant de sortir d’une dépendance! Sans alcool, on découvre un nouveau point de vue sur les gens et l’environnement. La santé s’améliore, il y a beaucoup de choses à découvrir et de plaisir dont on peut profiter ! Le travail personnel sur soi-même, les nouvelles expériences et compétences acquises rendent possibles beaucoup de changements et ont des effets bénéfiques sur le bien-être.

Et la rechute sèche?

On évoque aussi la «rechute sèche» (cuite sèche, ivresse mentale), lorsque la personne qui était dépendante de l’alcool retrouve ses anciennes habitudes de penser, de vivre et de se comporter, mais sans consommer de l’alcool. Dans ce cas, cette personne s’expose à des situations à risque (par exemple en retournant au bistrot qu’elle fréquentait) et peut manifester des grands changements d’humeur, etc. Une telle «rechute sèche» augmente le risque de reprendre réellement une consommation. Attention: Un seul de ces comportements ne signifie pas nécessairement une rechute. C’est plutôt un ensemble de signes qui peut faire penser à un risque réel de reconsommation.

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